
| © 2010 |
![]() |
| Expériences |
Photo Lahcène Abib Témoignage de Priscilla Je désirerais témoigner aujourd’hui ma gratitude envers le SIDVEM et sa fondatrice Marie-Annick Socié. Je suis membre de cette association depuis sa création il y a deux ans et j’y ai trouvé une aide précieuse. Je suis malvoyante handicapée à 80%, mais avec le matériel adapté (ordinateur, agrandissements), il m’est possible de suivre un enseignement non spécialisé. Je suis donc entrée en seconde dans un lycée parisien qui m’offrait des horaires aménagés me permettant de combiner les cours des matières principales et les cours de musiques au conservatoire où je suis l’après-midi. J’ai dans l’ensemble été bien accueillie et intégrée dans cet établissement. Certains professeurs ont mis du temps à s’adapter au handicap mais ont finit par me comprendre. La seule matière où le problème paraissait insoluble était l’option de spécialité musique. Mon professeur se sentait dépassée et incapable de gérer les problèmes liés à l’agrandissement difficile des partitions, au travail que je devais parfois effectuer d’oreille ou aux réponses des contrôles que je ne pouvais pas rendre par écrit ou sur informatique. Mes troubles visuels étaient devenus ingérables pour elle et le dialogue impossible entre nous, ce qui rendait la situation très difficile à supporter pour moi. Mon professeur envisageait même de me faire changer d’option après six mois passés dans sa classe. C’est en cherchant une solution à cet ultimatum que j’ai découvert le SIDVEM et pris contact avec sa responsable qui a tout de suite accepté mon dossier. Après quelques entrevues apportant des explications à mon professeur qui s’est sentie rassurée, l’atmosphère s’est détendue et j’ai retrouvé ma sérénité en cours. Aujourd’hui je suis à deux mois du baccalauréat et grâce à cette médiation une relation saine de confiance et de soutien s’est établie entre mon professeur et moi. Le SIDVEM est un accompagnement permanent. Les professeurs de ce service s’inquiètent du bien être des élèves, leur donnent des cours supplémentaires en cas de besoin, fournissent des explications et des informations nécessaires au bon déroulement du cursus musical de tous et organisent des concerts afin que nous puissions nous retrouver et partager ce point commun qui nous lie, quelques soient notre âge et la nature de notre handicap visuel. Il est donc important que cette association progresse afin que le handicap ne fasse jamais obstacle à la réalisation de soi au travers d’une passion et que chaque enfant mal ou non voyant ayant choisit la musique puisse suivre la voie qui est faite pour lui tout en étant protégé contre l’incompréhension et l’ignorance qui l’entourent parfois.
Priscilla
Une expérience du SIDVEM au Conservatoire de Créteil Une petite fille de 7 ans, déficiente visuelle, est inscrite à ta rentrée 2003 en formation musicale. Au bout de quelques séances, l'enfant se replie sur elle-même, pleure. Elle ne peut pas suivre les cours. Le professeur ne sait pas comment l'aider et il en résulte un abandon des cours. La première étape est la rencontre avec la direction du conservatoire pour leur proposer le service d' aide à l' intégration et leur expliquer qu' avec un tel soutien les études musicales sont possibles. L' accord est donné, avec l' exigence que l'enfant passe les examens comme les autres et suive le cursus du conservatoire. J'assiste à un cours de formation musicale pour cerner la pédagogie du professeur et l ' aider à comprendre les difficultés de l' enfant.. Je lui explique comment nous allons travailler, ce que je vais faire comme adaptation. Nous restons en contact téléphonique avec quelques rencontres dans l'année. Avec l' enfant, nous commençons par travailler sur des agrandissements, puis, peu à peu, nous abordons l'apprentissage de la musicographie braille. Elle est entre les deux codes de lecture, et le braille est abordé doucement, plus par jeu... L' évolution de sa vision (baisse très sensible) lui fait vite comprendre que le braille est plus adapté et plus rapide. L'enfant s' investit et progresse très vite.
A la fin de l' année, l'enfant passe l'examen comme les autres. Il est transcrit complètement en braille. Sa note est de 18,75/20 et elle est donc admise dans le cours supérieur. Son professeur se mobilise pour encourager ses études musicales et lui trouve un professeur de piano pour la rentrée. Cela, bien sûr, à condition que l'effectue le suivi pédagogique adapté sachant que, pour cette année, celui-ci a été assuré à titre bénévole. Il y a d'autres enfants comme cette petite fille qui ne peuvent pas suivre des études musicales uniquement parce qu'il leur manque une aide adaptée. Les professeurs de musique ne sont pas formés pour ce handicap et ont besoin de conseils et d' aide spécifique. Cette expérience montre bien le rôle du service, son intervention tant auprès de l' enfant que du professeur et le bilan positif pour les deux. Un enfant non voyant peut suivre un cursus musical normal, avec les enfants voyants, si on lui apporte les techniques palliatives. D'où l'importance de l' ouverture de ce service... |